La philosophie en Terminale
Article mis en ligne le 19 mars 2011
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Nous sommes trois professeurs de philosophie au Lycée Fénelon pour assurer les cours en Terminale : une série L (huit heures par semaine), trois séries ES (quatre heures par semaine), cinq séries S (trois heures par semaine) et deux séries STG (deux heures par semaine).

Nous préparons les élèves à l’épreuve du baccalauréat qui est de quatre heures avec un coefficient 7 en L, 4 en ES, 3 en S, et 2 en STG : trois sujets sont proposés au choix, dont deux de dissertation et une explication de texte.

Vous qui allez préparer le baccalauréat au lycée, vous vous posez certainement des questions et avez peut-être quelques idées reçues sur une discipline dont vous ignorez presque tout. Nous allons donc essayer de vous apporter quelques éclaircissements.

• Qu’est-ce que la philosophie ?

Etymologiquement, c’est l’amour de la sagesse.

Vous ne deviendrez peut-être pas des sages, mais il s’agira de rechercher cette sagesse et des valeurs universelles par la réflexion personnelle. Et pour penser par soi-même, il faut d’abord s’interroger et savoir formuler correctement les problèmes. La philosophie n’est pas un ensemble de connaissances à acquérir comme dans les autres disciplines, mais la formation de l’esprit critique qui sait mettre en question les préjugés qu’on lui a inculqués. Il faut tenir un discours logique et raisonner de manière cohérente, comme en mathématiques. Mais les problèmes abordés en philosophie sont bien plus personnels puisqu’ils nous concernent directement en tant qu’humains.

La philosophie n’est pas plus abstraite que les mathématiques, au contraire !

• Quels sont les problèmes abordés en philosophie ?

Il s’agit de réfléchir, à partir d’un certain nombre de notions du programme, sur des valeurs morales (liberté, devoir, bonheur…), des valeurs politiques (liberté civile, droit, justice, la société, l’Etat…), des valeurs épistémologiques (critères de la vérité, valeur de nos connaissances), valeurs logiques (validité de nos raisonnements), valeurs esthétiques (critères du Beau, valeur des œuvres d’art), valeurs métaphysiques (existence de Dieu, immortalité de l’âme…), des valeurs humaines en somme, puisque la question essentielle est anthropologique en philosophie : c’est la question de la définition de l’humanité.

Nous posons les questions qu’aucun homme ne peut manquer de se poser sur l’origine, la destination et le sens de son existence.

• « La philosophie, à quoi ça sert ? »

La philosophie en tant que telle ne sert à rien ! Et c’est ce qui fait sa valeur. Comme la science, les mathématiques, l’art, elle est désintéressée : elle n’est pas au service d’intérêts pratiques dans notre vie quotidienne.
En tant que discipline d’enseignement, elle est le couronnement du cycle d’études secondaires et le baccalauréat est le premier grade universitaire ;

Elle est très utile pour former le jugement et l’esprit critique des élèves qui sont de futurs citoyens. Le but est la formation de l’être humain et non la professionnalisation. Elle fournit les bases nécessaires aux études supérieures et universitaires. Il est tenu compte des appréciations dans cette discipline aux même titre que les autres dans les dossiers d’admission post-bac, pour entrer en classe préparatoire, BTS ou DUT.

La philosophie n’est pas quantité négligeable en terminale S ou STG parce que le coefficient est moins important : les bacs scientifique et technologique sont aussi des bacs généraux pour lesquels il ne suffit pas seulement d’apprendre des techniques. Toutes les séries offrent une formation complète de la personne humaine, selon les principes de l’Ecole Républicaine, capable de s’adapter à une vie professionnelle, sociale et citoyenne.

• « Il n’y a rien à apprendre en philosophie, il suffit de donner ses opinions »

On n’apprend pas la philosophie, en effet, mais on apprend à philosopher, comme le dit le célèbre philosophe Kant, c’est-à-dire à exercer ses facultés de raisonnement et à penser par soi-même. Pensez-vous qu’une année scolaire serait nécessaire, s’il ne s’agissait que de débiter des opinions dans votre copie de Bac ?

Le cours n’est pas un débat d’opinions mais une dissertation argumentée pour résoudre un problème philosophique.

L’opinion n’a aucune valeur, parce qu’elle est fondée sur un sentiment personnel. Or la réflexion doit avoir une portée universelle et pour cela être fondée sur des raisons.

• Qu’apprend-on en philosophie ?

Il n’y a pas de connaissances à acquérir, de réponses toutes faites ou de règles de démonstration à apprendre, comme en mathématiques : il s’agit d’une réflexion personnelle et les règles de raisonnement sont tout simplement les règles de la logique que chacun connaît car elles sont évidentes (non contradiction, cohérence) !

Le cours sert à transmettre une culture philosophique, parce qu’on peut supposer qu’en une année de terminale, vous n’aurez pas le temps de lire toute une bibliothèque d’auteurs qui sont au programme !

Il s’agit de comprendre comment les philosophes, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, ont posé les problèmes pour être capable de les poser soi-même dans un devoir de dissertation. Cette culture philosophique vient compléter la culture générale, littéraire, artistique, scientifique et technique aussi, déjà acquise les années précédentes.

• Comment acquérir la méthode en philosophie ?

Il n’y a pas de plan type, de recette de la dissertation. La construction du devoir dépend de la manière dont est formulé le problème. Il n’y a donc pas de cours de méthodologie distinct du cours sur les notions. La méthode est inséparable du contenu du cours dans lequel est traité un sujet de dissertation par le professeur qui est l’auteur de son cours : c’est une réflexion personnelle.

Cela suppose la participation des élèves, sinon leur intervention orale effective, du moins une écoute active, un travail de réflexion en classe : c’est en philosophant que l’on devient philosophe.

La manière de procéder dans les devoirs n’est pas différente de celle du cours avec le professeur. On vous donnera aussi, bien sûr, quelques conseils pour traiter les sujets qui se rapportent au cours.

• « Comment trouver les idées pour faire ma dissertation ? Je n’ai jamais fait de philosophie. »

Les idées ne viennent pas spontanément, comme s’il ne s’agissait que d’opinions infondées. Vous l’aurez compris : il faut être attentif au cours qui vous permet d’acquérir une culture philosophique et vous appuyer aussi sur votre culture générale, acquise dans les autres discipline, sur des lectures personnelles aussi, que l’on pourra vous conseiller pour la compléter.

Le travail intellectuel n’est pas si ennuyeux. S’il peut paraître d’abord douloureux, que de satisfactions il peut nous apporter : le plaisir intellectuel, ça existe !

• Pourquoi commencer la philosophie en terminale seulement ?

Parce que vous avez pu acquérir les connaissances sur lesquelles vous allez pouvoir réfléchir maintenant et les compétences nécessaires à la dissertation philosophique : compétence linguistique, rédaction, raisonnement, argumentation… Vous êtes capable de lire, de comprendre le sens d’un texte dans une langue que vous connaissez et d’écrire correctement en structurant vos idées. Vous pourrez avoir un point de vue critique sur les valeurs qu’on vous a transmises.

• « La philosophie est une langue étrangère ! »

Non la philosophie n’est pas une langue de spécialiste. Les philosophes écrivent dans la langue commune. Il s’agit moins de dire ce que l’on pense, que de penser ce que l’on dit, pour résoudre un problème philosophique. Il faut savoir donner un sens précis aux termes des sujets que l’on a à traiter et de le comprendre dans les textes à étudier. C’est à cela que vous vous exercerez pendant le cours de philosophie.

• « Le professeur note à la tête du client ou selon ses opinions ! »

Non, puisque vous n’avez pas à donner vos opinions et que votre sentiment personnel n’a aucune valeur en philosophie !

Les critères d’évaluation sont objectifs : formulation du problème, construction du devoir, cohérence, argumentation rédaction, analyse rigoureuse des notions. Mais la note du devoir est globale : il ne peut y avoir de barème d’évaluation, si tant est d’ailleurs qu’il puisse être plus objectif, étant donné qu’il ne s’agit pas d’appliquer des connaissances mais d’une réflexion personnelle à partir d’une culture philosophique. Au baccalauréat, lors des réunions d’harmonisation, les professeurs de philosophie s’entendent sur ce qui est acceptable et ce que l’on peut valoriser dans les copies d’élèves, en fonction des sujets proposés.

En espérant vous avoir éclairci un peu les idées et vous avoir ôté vos préjugés, amis de la Sagesse, nous vous disons à bientôt.

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