Le prix Goncourt 2013
Article mis en ligne le 5 janvier 2014 par S. Gentilhomme
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A six voix contre quatre, les académiciens ont attribué début novembre le prestigieux prix Goncourt à Pierre Lemaitre, pour son roman Au Revoir Là-haut.

Petite présentation d’un Goncourt atypique …


Cela faisait certes plusieurs mois que les libraires démontraient leur enthousiasme pour cet ouvrage qui, d’ores et déjà, s’annonçait très rentable pour les éditions Albin Michel, certains parlant même du « livre de l’année »… Mais qui s’attendait au prix Goncourt ? Point grand monde, car le style rythmé d’Au Revoir là-haut n’est pas de ceux qui ont l’habitude d’être primés par l’académie. On se souvient par exemple, l’année dernière, du très philosophique Sermon sur la Chute de Rome.

Car en effet, l’on peut dire que les chutes répétitives, l’économie de mots et le suspense qui font le roman tranchent avec cet académisme régulièrement fustigé qui, pour certains, serait la marque du prix Goncourt.

Tout droit venu du polar, le roman est une vaste fresque historique qui mêle des personnages foisonnants aux années méconnues de l’après-guerre, à une France qui héroïse les morts pour mieux évincer les survivants, qui voudrait enterrer son passé en même temps que les derniers cadavres…

C’est toute une génération de français que Pierre Lemaitre passe au crible : il y a tout d’abord les anciens poilus, infirmes rescapés du gigantesque suicide que fut la guerre, abandonnés à leur traumatisme par une société qui veut aller de l’avant, et tentant vainement de réapprendre la vie… Et puis il y a les autres, la grande masse des planqués, des civ’lots et des profiteurs, « car la guerre est bonne pour le commerce, même après ».
A l’heure qu’il est, on nous a énormément décrit l’enfer des tranchées, les souffrances des combattants et l’absurdité de la guerre, mais sans préciser ce que ces hommes devenaient une fois le conflit terminé...

Comment se reconstruit-on lorsque pendant des années l’on a eu pour métier de Tuer, en réfléchissant le moins possible pour ne pas sombrer, lorsque l’éternelle rivalité des peuples nous a ramené à nos instincts les plus obscurs ? Peut-on redevenir un homme intègre lorsque l’on a vécu dans un monde où l’ignominie est érigée en vertu et la raison en abomination ?

Telle est la question à laquelle s’attelle Au Revoir là-haut, et c’est précisément la raison d’être de ce roman servi, on peut le dire, par un talent admirable.



Raphaël Becques, 2nde 2

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